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L'essence du temps

Philosophie Magazine, aout 2008

Marcel Conche

Distinguer le temps de la nature et le temps du monde : le premier est éternel, il nous dépasse. Le deuxième est périodique, il a un certain ordre, une structure. Chaque humain, lorsqu'il se réveille le matin, s'ouvre à un avenir, qu'il pense en fonction de son passé (se lever, se laver, etc). Ce processus, c'est la temporalisation. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut vivre dans le temps infini de la nature. Dans ce temps sans limites, vous n'êtes rien, vous disparaissez.
L'homme éphémère, condamné à mourir, a besoin de croire en son existence, oublier qu'il est plongé dans le temps infini de la nature qui l'annihile. pour avoir quelque chose à faire, il se propose des tâches. C'est cela, la temporalisation.
C'est aussi l'histoire de l'épicier qui travaille sans relâche, comme une machine bien réglée et qui, à la retraite, réalise qu'il est un vieil homme de 70 ans, promis à la disparition et à l'oubli.
La philosophie est un moyen de s'absenter, de prendre du recul par rapport à la temporalisation. S'absenter de la temporalisation, c'est un élément très important de l'art de vivre.
Il faut se ménager des espaces vides, des ouvertures sur la sérénité tranquille, la paix qui doit être au fond de nous, à notre disposition. A la surface, il y a l'agitation, la fureur, le harcèlement, le bruit, mais dans le fond de notre âme, comme dans la mer profonde, doit régner un calme absolu. C'est le moment des échanges pour rien, simplement pour être ensemble. Réunis par la gratitude de ressentir l'autre comme un don, un bienfait, c'est la plus belle manière de s'absenter du temps des obligations qui accaparent notre vie.

La promenade, de Heinz Wismann

Son but est l'abolition du but. Sinon, c'est une marche forcée vers un lieu précis. Il faut délester le corps de toute finalité extérieure pour qu'il devienne un but en soi ; ne plus marcher pour aller quelque part, mais marcher pour marcher sans but précis autre que de faire fonctionner son corps harmonieusement. C'est la seule façon de rendre possible la rencontre avec la nature.

La vacance, de Bernard Stiegler

Notre époque est caractérisée par la synchronisation. Les industries de programme cherchent à synchroniser l'activité de la conscience de chacun, c'est un contrôle sur la vie des âmes par le marketing et la télévision. Dans la vacance, on cherche à se déprogrammer et à retrouver la consistance dans son existence.
Comment Stiegler se déprogramme-t-il ?
Il travaille tôt et écrit toute la matinée. Puis il nage énormément, pour atteindre un état dans lequel l'effort physique crée une griserie. Nager devient alors un voyage intérieur au cours duquel il revisite ce qu'il a écrit quelques heures plus tôt. Il s'allonge au soleil, vidé, et laisse depuis ce vide se lever l'improbable : l'improgrammé qui se dégage de tout cela - et qui en procède. Il se remet alors à écrire, en notant tout ce qui est venu, tout en relisant et en annotant ce qu'il avait écrit le matin [est-ce une sorte d'haïku ?]

Créé par: thanh2 dernière modification: Mercredi 19 of Mai, 2010 [22:48:11 UTC] par thanh2


Des abeilles et des hommes
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